29/11/2008
Ma pomme sur France Inter
17:14 Publié dans Ateliers d'écriture, On parle de moi... | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : atelier d'écriture, sébastien onze, interview, 150 défis d'écriture, ecrire sa vie
13/11/2008
Tenir son rôlet

Farce du Cuvier, XVe siècle : Jaquinot face à un personnage féminin dédoublé : sa femme et sa belle-mère. Elles le forcent à écrire, sur un "rôlet", la liste de ses obligations ménagères. Dès lors, Jaquinot décide de s’en tenir à cette liste :
Le voila signé ! Or, tenez,
Gardez bien qu'il ne soit perdu.
Si je debvois estre pendu
Des a ceste heure, j'ay proposé
Que je ne feray aultre chose
Que ce qui est a mon rolet.
Or il advient que la femme tombe dans le cuvier de lessive et manque de se noyer. Elle supplie son époux de l’en sortir mais celui-ci répond : « Ce n’est pas écrit sur mon rôlet ! »
La Femme
Mon bon mary, saulvez ma vie !
Je suis ja toute esvanouye :
Baillez la main ung tantinet.
Jaquinot
Cela n'est point a mon rollet,
Car en enfer il descendra.
La Femme
Helas ! qui a moy n'attendra,
La mort me viendra enlever.
Jaquinot lyt son rollet.
Jaquinot
Boulenger, fournier et buer,
Bluter, laver, essanger. . .
La Femme
Le sang m'est desja tout mué,
Je suis sur le point de mourir.
Jaquinot
Baiser, acoller et fourbir...
La Femme
Tost pensez de me secourir !
Jaquinot
Aller, venir, trotter, courir...
La Femme
Jamais nen passeray ce jour.
Jaquinot
Faire le pain, chauffer le four...
La Femme
Sa, la main ! Je tire a la fin.
Jaquinot
Mener la mousture au moulin...
La Femme
Vous estes pis que chien mastin !
Jaquinot
Faire le lict au plus matin...
La Femme
Las, il vous semble que soit jeu.
Jaquinot
Et puis mettre le pot au feu...
La Femme
Las, ou est ma mere Jacquette ?
Jaquinot
Et tenir la cuisine nette.
La Femme
Allez moy querir le curé.
Jaquinot
Tout mon papier est escuré.
Mais je vous prometz, sans long plet,
Que cela n'est point a mon rolet.
A partir de quand une liste, une fonction, un "rôlet" remplace la volonté de cœur, le plaisir d’un état présent à la tâche, d’un rapport aux autres ? Hier, une commerçante refuse de me délivrer un article « pour des raisons informatiques », avec en bonus ce regard du tu-peux-crever-j’en-ai-rien-à-foutre. Mais voilà, on la paye pour être le prolongement bras mains bouche de son ordinateur, elle ne fait que suivre. Etre aimable n’est pas inscrit dans son rôlet.
Contrat, argent, horaires, obligations et vogue le pilote automatique… Quelle sacrée vigilance de cœur faut-il pour ne pas se faire avoir par nos fonctions ? Comment concilier le « il faut » et le « je t’aime » ? Aujourd’hui, inscrire aussi sur la liste :
« penser à dire vraiment bonjour »
« penser à regarder les yeux des gens »
« penser à être dans sa peau »
« penser à donner et recevoir »
« penser à découvrir et s’adapter »
« penser à trouver l’autre »
Oui, il me vient parfois des bouffées délirantes de philosophie naïve Douanier Rousseau. J’ai envie de tout repeindre de couleurs vives, ce serait si simple. J’assume (un peu). Pour la complexité, repassez demain.
10:04 Publié dans Mal chronique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
09/11/2008
Fragments arrachés au bocal

J'avais le temps, ne l'ai plus. Il me file entre les. Bribes, petits bouts de jour serrés. Petites vies mentales que composent. Horaires lambeaux. Ecrire ici, ou ailleurs, toujours à voler, à arracher, à payer. Retard. Se poser impossible. Depuis. Et pourtant pas l'envie qui. Faut-il une sacrée dose de démence pour se prendre tant au sérieux ? Pourquoi je lance encore des projets alors qu'en cours trop ? Bouts de nerfs fatigue. Ne plus écrire ici depuis, ou alors autrement. A l'image de. Petits bouts lancés. Miettes pigeons. Quoi rester sur sa faim. Incertitudes parfois. Mais perdu pas longtemps. Actions à court. Pile éclectique. Toujours la tête, les mains. Sature. Toujours pas malade. Pensais pas tenir aussi longtemps dans le court. Mais l'oubli aide. Impossible souvenirs repères. Aujourd'hui nouveau jour demain nouveau jour. Leurs petites heures entre les coins. Faudra voir.
22:01 Publié dans Mal chronique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
26/06/2008
> Trois textes sans fin

*
- On, on, on… Laissez-moi tranquille, de toute façon vous allez passer après…
- Bah allez-y franchement alors ! On dirait que vous le faites exprès de prendre tout votre temps.
- Un instant, faut que je me concentre, c’est pas tous les jours.
- Dépêchez-vous il y en a encore plein d’autres derrière.
- Les autres, c’est surtout vous, hein ? Vous avez attendu des heures, et une minute de plus maintenant que vous êtes si près, ça vous reste de travers, vous pouvez pas l’avaler ? En attendant je vous cause et je perds du temps. J’aurais déjà fini si vous m’aviez laissé tranquille !
- …
- …
- Alors ça y est ?
- Ça y est. Au revoir.
- J’espère pas… Adieu… Hé mais vous êtes qui vous, pour vous permettre de me pousser comme ça ? On se connaît ?
- Juste le type derrière. Et c’est bien parce que je vous connais pas que je me permets, rapport qu’y faudrait vous magner un peu, on a pas toute la journée.
- On, on, on… Laissez-moi tranquille, de toute façon vous allez passer après…
*
qui frappe le chien, faut bien que ça passe, qui n’ose pas répliquer mais va mordre le chat qui va pisser de peur sur le lit de la mère qui frappe le père, croyant que c’est lui la cause, lui qui frappe l’enfant, ça le soulage, qui frappe le chien, faut bien que ça passe, qui…
© Sébastien Onze
10:33 Publié dans Court toujours | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : atelier, écriture, nouvelle, sébastien, onze
12/06/2008
> Etre édité

Etre édité ! On a l'impression d'une récompense, d'une consécration, d'une justice rendue : Dieu reconnaît (enfin) mon talent !
Hier, une voisine m’apostrophe au bas des marches de l’atelier d’écriture. Sans avoir jamais participé à un atelier, elle souhaite des conseils. Elle a écrit trois romans. On lui propose de l’éditer à 3000 euros les 150 exemplaires. Elle veut trouver un « correcteur » pour tout remettre en forme parce que certains passages ne sont pas clairs.
J’explique : je ne pratique pas ce genre de services ; certains écrivains en font leur métier, et ce sera soit cher et bien fait, soit cher et mal fait, soit pas cher et mal fait ; dans chacun de ces trois cas il existe un risque pour qu’elle se sente dépossédée de son histoire.
Ce matin, un très gentil mail qui demande :
1 - Quels sont les romans issus de votre atelier ?
2 - Avez vous des contacts avec des éditeurs ?
3 - Et enfin pouvez-vous me citez vos références (romans écrits)
4 - Quel est le but d'un atelier d'écriture et que dois-je y attendre ?
PS: Combien de temps me faut-il pour me sentir apte à la rédaction.
Je lui réponds par un copié/collé un peu transformé de cette « lettre type » que j’envois environ cinq fois par an :
Bonjour,
Nous n'avons aucun contact avec des éditeurs.
Un atelier d'écriture est un lieu où l'on prend plaisir à écrire et à se lire des textes. Si l’atelier permet en effet, sur le long terme, d’améliorer son style, ne vous attendez surtout pas, suite à un atelier d'écriture, à être publié.
Quant à votre question : "Combien de temps me faut-il pour me sentir apte à la rédaction." écrivez, avant tout, pour vous, pour le plaisir, ou parce que cela vous intéresse, et tant pis si vous ne vous sentez pas tout à fait "apte". L'important est ce qui passe en vous quand vous posez vos mots sur la feuille. Ou bien, si vous destinez vos textes à vos proches (amis, famille...) ce qui se passe de vous à eux à travers ce texte.
Etc.
Phrase entendue d’un animateur d’atelier à un salon : « C’est fou le nombre de gens qui écrivent des trucs nuls et qui se font pigeonner par de faux éditeurs »
Idée reçue : « qui écrivent des trucs nuls ». Tous, vraiment ? Lire avant de juger : qualitativement, les textes autoédités forment toute une gamme, du franchement mauvais (en nombre, il est vrai) au assez bon, avec une bonne part de textes agréables ou intéressants, dont il suffirait de couper 30% pour faire un bon livre.
Songez alors à ce parallèle : vous acceptez peut-être volontiers d’aller assister à une pièce de théâtre amateur ou semi-professionnelle. Pourquoi condamner ceux qui s’auto-éditent ? Cela fait-il trop orgueilleux ou trop amateur ? Si je lis l’ouvrage d’une connaissance ou d’un ami, j’éprouverai le même plaisir qu’à le voir jouer dans une pièce de théâtre.
Position délicate quand un participant me demande des conseils de publication. Je le prends toujours au sérieux, quelque soit la qualité de ses textes. Mes propres récits d’il y a 10 ans : à pleurer de consternation ! Si l'on m’avait découragé à ce moment là, où en serais-je ?
Ne pas non plus entretenir d’illusions : pour arriver, il va falloir, en général, transpirer comme un fou.
Donc, position de l’entre-deux, à relire, à écouter, à interroger, à nuancer, puis : qu’ils se débrouillent.
Avantage de l’atelier : recadrer – dans l’artisanat, dans l’immédiateté du texte donné à la lecture – l’écriture à sa dimension humaine. Bonheur d’écrire avant tout pour soi, pour les sept autres personnes de l’atelier, et peut-être pour quelques personnes à qui l’on fera lire.
Quant à moi, oui, je vais être très bientôt édité, et je crains / j'espère, que cette perte de pucelage ne va fondamentalement rien changer...
11:36 Publié dans Ateliers d'écriture | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : atelier, écriture, édition, édité, auteur
29/07/2007
> Samuel
Ce matin j’ai voulu écrire
une chanson bien dégeulasse
un truc engagé, à vomir
les friqués et la lutte des crasses.
Mais vl’a que le jeunot s’est pointé
Avec son bol de céréales.
Ma belle révolte s’est tailladée,
Le bonheur est antisocial.
J’ai pas trop le cœur à sortir le colt.
Y’a bien trop de soleil qui m’escorte.
J’ai la guitare à cent mille volts,
Et la voix de plus en plus forte.
Il a 3 ans et moi 33,
c’est presque la même chose tu vois.
Un jour moi aussi je serai grand.
En attendant, je fais semblant.
On a fait main basse sur les squares.
On s’est tatoué des malabars.
Tous les deux on est les plus forts.
Si t’y crois pas, t’es un homme mort.
Quelquefois il sort son chewing-gum,
il se le roule dans les pognes,
il m’dit : « Regarde, j’ai les mains qui collent
comme Spiderman, je grimpe sur l’école. »
Il m’a appris la peur de rien,
à lasser mes pompes le matin,
parce qu’avant je marchais à côté.
Laissez passer, je suis le chat butté !
J’ai essayé le toboggan,
je suis resté coincé dedans,
il est possible que je sois trop grand.
En attendant, je fais semblant.
On s’est inventé des gros mots,
il m’a traité de flaque d’eau,
de colle molle, de petit zizi,
de salopette, de Sarkozy.
Il m’interroge sur les poulets,
pourquoi qu’on tue pour les manger ?
Et pourquoi le monsieur vit dehors ?
Je risque mes mots, kekfois je m’en sors.
Il m’a appris à parler… bien
à m’accorder, en musicien,
parce qu’avant je mettais des disques.
Ecoutez-voir, je suis un artiste !
Plus tard je serai chanteur, auteur,
Une star des mots, crooner, crâneur,
plus tard, quand je serai grand.
En attendant, je fais semblant.
Un jour il me dépassera, logique,
je peux rien contre la génétique.
Même avec des vêtements trop petits,
son corps pousse comme il a envie.
Il me présentera une demoiselle,
des seins à te faire pousser les ailes.
J’aurai envie de lui mettre des crosses
à cette pouffiasse qui me vole mon gosse.
Mais je lui dirai bienvenue, entrez,
parce qu’il m’a appris à aimer.
Il peut faire ce qu’il veut l’ingrat,
je m’en fous, je serai toujours son papa.
Il a 3 ans et moi 33,
c’est presque la même chose tu vois.
Un jour moi aussi je serai grand.
En attendant, je fais semblant.
15:00 Publié dans Chansons, Poeasy | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : slam, sébastien, ami, onze, enfant
28/07/2007
> MONSIEUR DEHORS
Album adultes Je cherche un éditeur assez fou pour publier ce faux livre pour enfants !
18:10 Publié dans OUVRAGES COMPLETS DE SEBASTIEN AMI / ONZE | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : Sébastien Onze, album, sdf, littérature jeunesse, pastiche















