13/11/2008
Tenir son rôlet

Farce du Cuvier, XVe siècle : Jaquinot face à un personnage féminin dédoublé : sa femme et sa belle-mère. Elles le forcent à écrire, sur un "rôlet", la liste de ses obligations ménagères. Dès lors, Jaquinot décide de s’en tenir à cette liste :
Le voila signé ! Or, tenez,
Gardez bien qu'il ne soit perdu.
Si je debvois estre pendu
Des a ceste heure, j'ay proposé
Que je ne feray aultre chose
Que ce qui est a mon rolet.
Or il advient que la femme tombe dans le cuvier de lessive et manque de se noyer. Elle supplie son époux de l’en sortir mais celui-ci répond : « Ce n’est pas écrit sur mon rôlet ! »
La Femme
Mon bon mary, saulvez ma vie !
Je suis ja toute esvanouye :
Baillez la main ung tantinet.
Jaquinot
Cela n'est point a mon rollet,
Car en enfer il descendra.
La Femme
Helas ! qui a moy n'attendra,
La mort me viendra enlever.
Jaquinot lyt son rollet.
Jaquinot
Boulenger, fournier et buer,
Bluter, laver, essanger. . .
La Femme
Le sang m'est desja tout mué,
Je suis sur le point de mourir.
Jaquinot
Baiser, acoller et fourbir...
La Femme
Tost pensez de me secourir !
Jaquinot
Aller, venir, trotter, courir...
La Femme
Jamais nen passeray ce jour.
Jaquinot
Faire le pain, chauffer le four...
La Femme
Sa, la main ! Je tire a la fin.
Jaquinot
Mener la mousture au moulin...
La Femme
Vous estes pis que chien mastin !
Jaquinot
Faire le lict au plus matin...
La Femme
Las, il vous semble que soit jeu.
Jaquinot
Et puis mettre le pot au feu...
La Femme
Las, ou est ma mere Jacquette ?
Jaquinot
Et tenir la cuisine nette.
La Femme
Allez moy querir le curé.
Jaquinot
Tout mon papier est escuré.
Mais je vous prometz, sans long plet,
Que cela n'est point a mon rolet.
A partir de quand une liste, une fonction, un "rôlet" remplace la volonté de cœur, le plaisir d’un état présent à la tâche, d’un rapport aux autres ? Hier, une commerçante refuse de me délivrer un article « pour des raisons informatiques », avec en bonus ce regard du tu-peux-crever-j’en-ai-rien-à-foutre. Mais voilà, on la paye pour être le prolongement bras mains bouche de son ordinateur, elle ne fait que suivre. Etre aimable n’est pas inscrit dans son rôlet.
Contrat, argent, horaires, obligations et vogue le pilote automatique… Quelle sacrée vigilance de cœur faut-il pour ne pas se faire avoir par nos fonctions ? Comment concilier le « il faut » et le « je t’aime » ? Aujourd’hui, inscrire aussi sur la liste :
« penser à dire vraiment bonjour »
« penser à regarder les yeux des gens »
« penser à être dans sa peau »
« penser à donner et recevoir »
« penser à découvrir et s’adapter »
« penser à trouver l’autre »
Oui, il me vient parfois des bouffées délirantes de philosophie naïve Douanier Rousseau. J’ai envie de tout repeindre de couleurs vives, ce serait si simple. J’assume (un peu). Pour la complexité, repassez demain.
10:04 Publié dans Mal chronique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
09/11/2008
Fragments arrachés au bocal

J'avais le temps, ne l'ai plus. Il me file entre les. Bribes, petits bouts de jour serrés. Petites vies mentales que composent. Horaires lambeaux. Ecrire ici, ou ailleurs, toujours à voler, à arracher, à payer. Retard. Se poser impossible. Depuis. Et pourtant pas l'envie qui. Faut-il une sacrée dose de démence pour se prendre tant au sérieux ? Pourquoi je lance encore des projets alors qu'en cours trop ? Bouts de nerfs fatigue. Ne plus écrire ici depuis, ou alors autrement. A l'image de. Petits bouts lancés. Miettes pigeons. Quoi rester sur sa faim. Incertitudes parfois. Mais perdu pas longtemps. Actions à court. Pile éclectique. Toujours la tête, les mains. Sature. Toujours pas malade. Pensais pas tenir aussi longtemps dans le court. Mais l'oubli aide. Impossible souvenirs repères. Aujourd'hui nouveau jour demain nouveau jour. Leurs petites heures entre les coins. Faudra voir.
22:01 Publié dans Mal chronique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
13/06/2007
> MERCI !

Je viens de jeter un oeil aux statistiques et je réalise que vous êtes maintenant entre 250 et 300 à venir lire ces pages chaque jour ! Pour un blog que je n'alimente qu'une à deux fois par semaine, ça fait chaud au coeur...
Donc un grand merci au passage. Ceci est ma 195ème note et, grâce à vous, je ne compte pas en rester là !
Petite réflexion : je sais bien que mes articles se prêtent peu souvent aux débats, mais n'hésitez pas à y aller de vos commentaires, et pas seulement avec la brosse à reluire ;-) J'aurais moins l'impression d'être face à des lecteurs invisibles et c'est aussi cela un blog : un lieu de vie dont VOUS êtes le héros.
10:25 Publié dans Mal chronique | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : atelier d'écriture, Paris
11/06/2007
> Sarkozy bourré au sommet du G8
Je pense que les vidéos vont tourner à vitesse grand V et que tout le monde sera au courant d'ici quelques jours mais je mets quand même en ligne...
Au delà du gag en live, je m'interroge sur l'entourage immédiat de Sarkozy. N'y a-t-il pas une personne de confiance à ses côtés qui puisse lui conseiller, vu son état, d'aller prendre une douche et trois cafés avant d'aller parler aux journalistes ? Non. Sarkozy semble seul aux commandes. Et c'est seul qu'il dérape...
Autre réflexion qui me semble poser un problème crucial : comment les médias français vont-ils relayer cette information ? (vu que Sarkozy semble tenir les ficelles de la plupart des journaux, télévisés et autres) Pour le moment, c'est une télévision belge qui a passé le reportage. L'extrait (le deuxième) passé par LCI a comme par hasard coupé le début, pourtant révélateur, pour passer la partie la plus "correcte"...
Si, comme je le crois, il risque d'y avoir des silences radio, on pourra à juste titre s'effrayer de la manipulation des informations pour les prochaines années, voire plus...

Et, bonus, la vidéo compil des mensonges de Sarko ICI
15:35 Publié dans Mal chronique | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, sommet, G8, ivre, bourré
30/05/2007
> Arnaque sur Club Internet suite et fin

Lire le précédent article (ci dessous) pour comprendre la teneur du problème.
J'ai bien pris connaissance de votre mail concernant le réengagement de votre abonnement.
Je vous informe qu'une réponse vient d'être apportée à votre précédent mail concernant la même demande.
Eux (Charlotte) :
Cette question ne peut être traitée par mail de manière efficace.
L'échange de questions et de réponses nécessitant de nombreux mails, il est en effet beaucoup plus rapide de procéder par téléphone.
Je vous invite pour cela à nous contacter directement au 0892 01 1000 (0,34 euro/min) 7j/7 de 9h à 22h.
Moi :
Bonjour,
Vous traitez mon problème en me proposant une communication payante alors que les faits sont indéniables et assez simples.
Vous refusez par mail tout arrangement.
Je vais donc ce soir diffuser largement l'information sur internet.
Merci de votre mauvaise collaboration, je n'aurai que plus de joie à faire votre publicité...
Eux (Noémie) :
Je vous informe que le 27.04.2007 vous avez donné votre accord pour continuer votre abonnement chez Club Internet. Par ailleurs, vous contestez votre nouveau engagement. Je vous confirme l'annulation de l'engagement d'un an, vous gardez seulement l'ancien engagement jusqu'au 10/06/2007. Cette information ne sera pas visible sur votre compte mais a bien été enregistrée dans votre dossier.
Quant à votre demande portant sur le matériel Club Internet, je vous informe que le 28.04.2007 un nouveau modem vous a été envoyé. Afin d'eviter les pénalités pour le non retour du matériel, je vous invite à renvoyer l'ancien équipement dans son emballage complet d'origine, accompagné d'une lettre explicative à l'adresse suivante...
ENFIN !
Aucune excuse, je renvoie le modem à mes frais. Ils annulent seulement l'engagement d'un an...
Je suis las d'écrire des lettres. Ca m'amusait au début, je me sentais aussi assez scandalisé, pas pour l'arnaque en elle même mais à cause de cette impression de me faire b... bien en face, comme si c'était tout à fait normal. Et puis, je me demandais jusqu'où ils pouvaient aller dans leur surdité !
11:25 Publié dans Mal chronique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : arnaque, club internet, club-internet, vente forcée, contrat, résilier, naid
> Arnaque sur Club Internet

Vos réponses laconiques à mes trois mails précédents laissent à penser qu’il faut que je vous explique ma situation plus lentement pour que vous soyez mieux à même de me comprendre. Rappel des faits :
Je suis abonné à vos services (téléphonie illimité et internet) et je n’ai pas à m’en plaindre : ça fonctionne très bien !
Un commercial charmant de Club internet m’a contacté. Voilà, en résumé, notre formidable échange :
– Monsieur Bonifas, votre abonnement touche à sa fin. Et Club internet vous propose d’avoir, pour le même prix, la télévision numérique…
– Désolé mais cela ne m’intéresse pas, je n’ai pas la télévision et ne veux surtout pas l’avoir !
– Mais votre abonnement touche à sa fin. Vous ne souhaitez pas souscrire à cette nouvelle offre ?
– Mon abonnement touche à sa fin ?
– Oui. Il va se terminer le 29 mai.
– Mais c’est possible de continuer comme avant, sans télévision, avec les mêmes services et au même prix ?
– Bien sûr, vous allez recevoir une lettre de confirmation.
– Mais, il faut se réengager pour un an ?
– Oui.
– Bon, d’accord !
Quelques jours après je reçois une confirmation de mon abonnement…
Quelques jours après je reçois une lettre me demandant de renvoyer mon modem à mes frais. Etrange…
Quelques jours après je reçois un nouveau modem. L’ancien est-il obsolète ? Il fonctionne très bien.
Puis je lis avec stupéfaction, presque à la loupe, les petites lignes de mon premier contrat :
Article 3-2
A l’issue de la période initiale d’engagement correspondant à l’offre commerciale choisie par l’abonné […] l’Abonnement sera renouvelé par tacite reconduction pour des périodes successives de 30 jours, à laquelle l’une ou l’autre des Parties pourra mettre fin à n’importe quel moment.
Incroyable ! Mon abonnement ne touchait donc pas à sa fin. Le commercial a résilié mon contrat pour m’en faire prendre un autre à l’identique. Je n’avais pas à me réabonner pour un an. Je n’ai donc pas à renvoyer ce modem à mes frais.
J’explique cela au service client, à travers plusieurs mails.
Une certaine Georgianne me répond :
Je vous confirme que lors de la souscription à une nouvelle offre, Club Internet s'engage à remplacer votre ancien modem avec un nouvel équipement.
C'est la raison pour laquelle vous avez reçu le modem Clubbox. Je vous invite à renvoyer l'ancien équipement, etc.
Deuxième mail, deuxième réponse, cette fois d’Annie :
Après examen de votre dossier, je constate que vous avez souscrit à l'offre ADSL2+ et téléphonie le 27 avril 2007 avec un engagement d'un an.
Troisième mail, réponse d’une dénommée Charlotte :
Vous avez souscrit le 27 avril 2007, nous avons envoyé un courrier de confirmation concernant votre abonnement chez Club Internet le 28 avril 2007.
Dès la réception du courrier, vous avez eu à disposition un délai de 7 jours pour nous contacter afin de nous faire part de votre demande de rétractation.
Ce délai étant dépassé, je ne peux donner suite à votre demande.
Pourriez-vous, mesdames, répondre à ces questions très précises demeurées à ce jour sans réponses. Je les reformule avec des options numérotées : je pense que vous ne perdrez ainsi pas de votre précieux temps à formuler des phrases (sans faire de copier/coller), tâche qui vous semble difficile :
QUESTION A
Votre commercial m’a forcé à me réabonner pour un an en me faisant croire que mon abonnement était terminé :
1- Parce que c’était un stagiaire en vacances qui n’a pas eu le temps de lire le contrat. Il souhaitait me rendre service.
2- Pour me faire bénéficier d’un modem noir plus joli que le modem rose.
3- Parce qu’il touche une commission au nombre d’abonnements souscrits.
4- Parce qu’il souhaitait me faire une blague.
QUESTION B
Selon vous, j’ai souhaité me réengager pour un an et vous renvoyer le modem à mes frais alors que si je n’avais rien fait, tout aurait continué comme avant et au même prix parce que...
1- Je ne sais pas quoi faire de mon temps. J’aime résilier des contrats pour reprendre exactement le même.
2- C’est le moyen pour moi d’avoir une correspondance internet avec des filles aux prénoms charmants.
3- Votre commercial était si gentil que je souhaitais participer à sa revalorisation salariale.
4- Je suis vraiment trop con.
QUESTION C
Que comptez-vous faire pour régulariser cette situation ?
1- M’offrir l’équivalent du prix du renvoi du modem en mois d’abonnement et annuler cet engagement d’un an.
2- Me présenter de plates excuses.
3- M’expliquer qu’en cas de vente frauduleuse ou forcée, je ne dispose pas seulement de 7 jours pour résilier.
4- Rien du tout.
Une petite recherche sur internet aux mots « arnaque » « vente forcée » et « club internet » donne de très nombreuses pages dont des cas en tout points similaires au mien. Je ne donne que les premiers liens :
http://www.infosadsl.com/viewtopic.php?p=9220
http://www.comlive.net/sujet-20859.html
http://www.echosdunet.net/phpBB2/viewforum.php?f=62&s...
http://www.dslvalley.com/forum/viewtopic.php?id=51278
http://www.lesarnaques.com/forum/viewtopic.php?=&p=13...
Pour info, la présente lettre est publiée sur mon blog http://bonifas.hautetfort.com/ et sera envoyée demain aux sites dédiés à l’informatique et aux associations de consommateurs. Si tous les internautes abusés font comme moi, je pense que votre notoriété va s’accroître.
Veuillez recevoir, Mesdames, Mesdemoiselles, mes salutations les plus cordiales,
Sébastien Bonifas
10:40 Publié dans Mal chronique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : arnaque, club internet, club-internet, vente forcée, contrat, résilier, naid
12/03/2007
> Laissez les grandir ici
21:40 Publié dans Mal chronique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sans papiers, resf
16/02/2007
> Petite baffe avant le départ...

Malheureusement, nous ne pouvons envisager sa publication car il ne s'insère dans aucune de nos collections existantes.
Ca fait toujours mal de se prendre un râteau : casses-toi, t'es trop moche, pas assez beau pour rentrer dans ma collection.
Je connais pourtant bien l'envers du décor : l'aléatoire des lecteurs, les plannings de parutions à combler de livres aux critères précis (il leur manque peut-être un polar cette année ?), le sort des livres arrivés sans recommandation, les centaines de manuscrits chaque mois. Je pensais pourtant qu'avec une dizaine de textes je passerai au moins le premier comité de lecture...
En plus, Nathan Syros, c'est quand même une belle femme, j'aurais aimé, je crois.
Je me console en pensant que quatre autres éditeurs lisent mes textes en ce moment. L'un d'eux comprendra-t-il que ce sont des lettres d'amour ?
11:10 Publié dans Mal chronique | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : édition, littérature jeunesse, auteur, lettre de refus, éditeur
16/12/2006
> Hibernation
Non, je ne suis pas mort.
Ce blog revivra un jour prochain, il suffira de souffler sur les braises.
Tant d'idées sur ce que je pourrai écrire ici si j'en avais le temps.
Mais en ce moment trop de tout, inondé de vie, faut que j'éponge !
A plus tard,
Merci de revenir !
09:02 Publié dans Mal chronique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
05/10/2006
> Votez Sarkozy

Un exemple : monsieur Sarkozy va voir Doc Gynéco, un brave garçon mais qu’a pas eu de chance, tombé bien bas, mais avec un bon fond. La preuve : ça fait des mois qu’il dit avoir arrêté de fumer de la drogue. Il s’accroche, ça se voit, il se bat. Alors Sarkozy lui rend visite, va le voir directement dans son HLM, lui met la main sur l’épaule et lui parle, d’homme à homme. Il lui dit : tu peux agir, faire quelque chose pour la France, ouvrir une ère nouvelle pour les jeunes, leur montrer le chemin… Et Doc s’effondre. Il pleure, il avoue, oui, qu’il a chanté de vilaines paroles :
« Flics qui dégainent leur haine
Dans les ruelles du 18ème »
« J'kiffe quand les keufs cannent »
« Dans ma rue, autant de flics que de mecs cocus.
Le coiffeur raconte des blagues au dealer,
Les policiers donnent des planques aux voleurs »
Alors la voix de Sarkozy l’apaise, efface tout : ne t’en fais pas pour ça, je suis sûr que tu ne pensais pas vraiment ce que tu chantais… Et maintenant lève-toi et marche...
Alors Doc le regarde, comme ce père qu’il aurait toujours voulu avoir, balbutie quelques mots de remerciement, ose à peine serrer la main de ce grand petit homme.
Voilà. Ça s’est passé comme ça. Ceux qui prétendent qu’une menace d’inspection fiscale ou qu’une promesse d’appui promotionnel sont venus compléter le tableau sont vraiment des tordus. A bon entendeur salut.
09:18 Publié dans Mal chronique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, gyneco, paroles, chason, police














