20/06/2007
> De l'idéal et du concret !

Je (re)bondis sur le débat de la chronique n°30 de Citrouille parce qu’il m’interpelle au plus profond de mon travail d’auteur jeunesse…
Je résume dans les grandes lignes, j’espère ne pas trahir leurs propos : Sophie Chérer se laisse la possibilité de terminer ses romans ados par des fins heureuses, au nom d'un optimisme, d'une sorte de leçon de vie, qu'elle appelle, je pense à tort, « morale ». Madeline Roth, elle, rétorque qu’il faudrait donner des modèles d’existence plus réalistes, des bases, des repères propres à porter le jeune lecteur dans une vie plus véritable.
Mon point de départ sera la réaction, fort intéressante, de Jebbari, parce qu’elle résume un esprit si souvent rencontré dans les débats jeunesse auxquels j’ai assisté.
En simplifiant à l’extrême les propos Madeline Roth et Sophie Chérer dans l’alternative « Rêver ou donner des leçons de morale », Jebbari touche le nœud du problème : pendant ses premières années, la littérature jeunesse, entre Les malheurs de Sophie et Martine à la plage, a emprunté alternativement ces deux voies. Elle s’en est détachée mais reste pétrie, du moins du côté des prescripteurs, voire des éditeurs, de ce regard biaisé.
A cette alternative :
Rêver ou donner des leçons de morale
je préfère une autre polarité, entre laquelle s’inscrit la plupart de mes propres textes :
Entre le modèle idéal positif et le réalisme concret.
La différence entre un rêve et un idéal est que le premier sert à s’évader, à se distraire, là où le second pousse le lecteur dans une identification active. Le point commun entre mes personnages est qu’ils apprennent à communiquer, à entreprendre, à concrétiser leurs aspirations.
La différence entre la morale et le réalisme est que la morale repose sur une affirmation soulignée d’un modèle de vie, une leçon, là où le réalisme constate des rapports de force, l’injustice fondamentale de la condition humaine ainsi que – à moins d’être fondamentalement pessimiste – la beauté de la vie. La morale tranche, le réalisme pose des points d’interrogation. La morale stéréotypie les situations, le réalisme pose une vie en sucré salé.

Aux branches extrêmes de cette polarité on trouve :
Côté modèle idéal positif : les bandes dessinées de super héros ! Les personnages y incarnent des stéréotypes totems d’engagement, de protection, de force, de virilité. Ils remplissent la fonction symbolique dont Bettelheim parle dans La psychanalyse des contes de fées.
Si on trouve peu de romans ados qui incarnent cette tendance à l’état pur – Harry Potter et autres romans initiatiques proches du conte possèdent aussi une dimension réaliste de confrontation à un quotidien et à des sentiments contradictoires – les récits pour plus jeunes abondent, pour leur part, en modèles référentiels dynamiques. C’est là où il faut éviter, je pense, de poser des règles générales, comme Jebbari : « Mon commentaire ne concerne pas la littérature pour ado mais la littérature Jeunesse au sens large. » Si l’enfant a besoin de se réconforter au contact de princesses, de chevaliers et de dragons à terrasser, l’adolescent a de plus en plus envie de retrouver, dans ses lectures, un univers qui le rapproche de son vécu, de ses émotions plus nuancées.
Côté réalisme concret « pur » : cette fois, la littérature pour ados abonde de romans jalonnés de points d’interrogations, sans repères précis pour le lecteur, voire sans issue positive. On remarquera que ces romans concernent, en général, un lectorat assez mûr, plutôt des lycéens. Pour ma part, je dévore les récits de Jean-Noël Blanc, plutôt salés que sucrés d’ailleurs. Ses nouvelles et romans pulvérisent les derniers remparts de l’enfance, mordent les rêves jusqu’au sang. Et tant mieux. N’est-ce pas, au fond, ce que l’on vit au passage à l’âge adulte ?
Donc, tout est question d’âge, de lecteurs, de variété aussi : un jour à grignoter un Chair de Poule, le lendemain à s’arracher le cœur sur un Fil de fer la vie (Jean-Noël Blanc), le surlendemain dans un état intermédiaire, plongé dans Maïté Coiffure (Marie-Aude Murail), l’ado n’attend pas d’un seul livre qu’il le rassasie !

Est-il possible que les prescripteur et les éditeurs, n’étant pas eux-mêmes des enfants, lisent les textes certes avec leur cœur, mais aussi à travers un filtre conceptuel de ce que doit être un bon récit jeunesse ? Très franchement, tout cela m'échappe...
Aussi, je me méfie des gens qui condamnent certaines histoires au nom d’un modèle personnel de ce que doit être, ou non, la littérature jeunesse. Aussi, j’en ai mal au ventre lorsqu’un éditeur me refuse Gros Malin parce que le personnage principal, un jeune obèse, se montre agressif. Au nom de quoi les héros devraient-ils être à tout prix positifs ? Au contraire, mon personnage se situe justement dans l’entre-deux :
Un modèle idéal positif parce qu’il apprend à se remettre (un peu) en cause, à se sortir de l’adolescence, à en finir avec ses idées toutes faites, à accepter enfin de recevoir quelque chose des autres.
Un réalisme concret parce qu’un gamin qui a l’habitude d’être malmené ne se montre pas forcément gentil, développe des défenses, un regard acerbe sur le monde, prend de la distance, doit nécessairement réapprendre l’amour.*
Dans le même ordre d’idées, les éditions du Rouergue, dont j’adore le modernisme et l’engagement dans une littérature à la fois décalée et engagée, viennent de me refuser Les Papiers du cœur (album qui traite du départ, en classe, d’une fille de sans papiers). S’ils semblent avoir savouré le côté positif (l’alternative que je pose à l’injustice sociale est la fraternité locale : aimons-nous d’abord les uns les autres, par-dessus les lois !) l’un de leurs reproches porte justement, il me semble, sur l’aspect réaliste : « Nous avons apprécié que vous n'adoptiez pas un ton par trop moralisant ou didactique. Il nous a semblé cependant que le texte […] aurait gagné à être moins explicite afin de laisser plus de place à l'interprétation du lecteur. »
J’ai pourtant l’impression de brosser la situation dans une simplification extrême, comment être moins explicite ? Et, si un terme comme « Patrie » effraie un peu à 7 ans, un livre n’est-il pas l’occasion de poser des questions à ses parents ou d’ouvrir des portes à certaines interrogations qui ne trouveront de réponses que bien plus tard ?
J’avoue, en définitive, que je ne comprends pas le motif « laisser plus de place à l'interprétation du lecteur » S’agit-il de suggérer encore plus la situation, au risque de la rendre incompréhensible aux jeunes lecteurs ? Ou bien, comme je le crains, se situe-t-on là encore dans ce faux débat entre faire rêver ou heurter le lecteur ?
Les Editions du Rouergue viennent de me répondre à cette question. J'ajoute donc ce paragraphe deux jours après. Leur réaction a le mérite de nuancer et d'enrichir le débat. Je tenterai de résumer leurs propos en les inscrivant avec mes mots, pourtant sans les trahir, du moins j'espère... :
Un texte moins "explicite" n'a pas lieu d'être pour susciter un rêve ou pour éviter de heurter le lecteur. Simplement, il incarne une force : "il est parfois plus percutant de laisser le lecteur lui-même comprendre le sens sous-jacent", de laisser des blancs interprétatifs que le lecteur investira "de son intelligence et de son imagination". Mon interlocutrice appuie ses propos sur deux terrains :
- celui de la complémentarité image / texte. Le texte ne saurait tout donner au lecteur, l'illustration vient enrichir, compléter, créer un dialogue avec l'image. Donc, un texte explicite laisse peu de place à la parole de l'image.
- celui du texte en lui-même qui, s'il est trop explicite, éveille moins le lecteur, qui l'investi alors peu.
Je suis complètement d'accord avec elle, mais je pense que ce n'est pas la seule façon de procéder. Voici des extraits de ma réponse :

* Note à propos de Gros-Malin : si le processus d’identification du jeune lecteur au personnage principal est, à mon avis, essentiel, il ne passe pas seulement par le côté « héros positif » (je souhaite être ce personnage dans ses qualités donc je l’aime).
Or, la politique actuelle de publication (et l’auto-censure des auteurs) privilégie ce rapport de l’enfant à un héros sublimé, qui lui ressemble en plus courageux, malin, fort… On se situe dans la logique publicitaire de base du consommateur présenté dans les affiches, en miroir déformant, comme un demi-dieu. Et pourquoi pas, en effet, des héros modèles ? Mais de là à ne privilégier que cette alternative ? En sommes-nous arrivés à l’ère absolue de la Star Academy ?
Publie-t-on beaucoup de livres jeunesse sans personnages enfants (ou petits animaux) ? Ou bien dans lesquels les héros montrent de grands défauts (si ce n’est pas pour les « corriger » à travers une leçon de morale) ?
Dans l’alchimie de l’identification, deux phénomènes s’ajoutent à celui du « héros positif » :
- Le « héros négatif » possède peut-être par ailleurs certaines qualités (qui en font, aussi, un « héros positif ») mais se montre inférieur au lecteur dans un domaine. Il est peureux, naïf, mal dans son corps… Harry Potter, du moins celui des livres, est le type même du héros peu dégourdi, limite imbécile, manipulé d’un bout à l’autre, et qui ne se montre entreprenant que si on l’y pousse. La supériorité ressentie par le lecteur sur le personnage crée un sentiment d’attachement. Harry, on a presque envie de le prendre dans ses bras, de lui dire ce qu’il devrait faire, ou de lui donner deux baffes !
- Un phénomène encore plus important est que je m’identifie à un personnage avant tout à travers la situation dans laquelle il est plongé. L’un de mes livres d’enfant préféré racontait l’histoire d’un vieux marin seul sur une île déserte. Une tempête arrive, emporte sa pauvre cabane, puis laisse un bateau sur le rivage. Un bateau peuplé de chats ! Dans cette histoire, aucun héros de mon âge, et pourtant une identification à la détresse du vieil homme, à sa peur de l’orage, à sa joie de trouver des chats.
Conclusion des deux précédents points : à partir du moment où je présente le héros de Gros Malin comme maladroit, mal dans sa peau, différent et rejeté, peu importe qu’il ait un caractère de tête de mule : le lecteur se sent concerné !
> Gros Malin
> Les Papiers du Cœur
Pour mes autres articles sur la littérature jeunesse (dont certains toujours sur ce même thème : pour une littérature jeunesse positive de la cruauté !) voir ICI
Pour l'intégralité de mes histoires jeunesse c'est ICI
11:45 Publié dans Littérature jeunesse | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : littérature jeunesse, sébastien ami, roman, album, jeunesse
06/02/2007
> La mythologie comme apprentissage de la vie
Car la mythologie peut être un formidable vecteur de réflexion :
- Il n’existe pas vraiment de gentils ni de méchants. Les « héros » ne triomphent pas toujours.
- Certains portent une sorte de faute, parfois celle de leurs parents.
- Les personnages montrent rarement un esprit d’initiative et sont manipulés par les dieux (forces supérieures qui les dépassent, pulsions ?)
- Les hommes, les femmes, les dieux et déesses s’aiment et s’entredéchirent. L’amour et la souffrance sont étroitement mêlés.
Au lieu de cela, on remplace l’essence des mythes grecs par celle des romans de chevalerie, qui lui est opposée. Sans aller jusqu’à parler de violence extrême ou de sexualité (d’accord, on évitera la scène de Pasiphaé enfermée dans une boîte en forme de vache pour être fécondée par un taureau !) pourquoi passer sous silence les nombreuses infidélités d’Ulysse ou de Zeus, la lâcheté d’Achille (courageux uniquement lorsqu’il se sent immortel), et les aventures d’Œdipe ?
Au nom de quoi cherche-t-on a préserver les enfants d’histoires un peu complexes, c’est-à-dire de supports à penser ? C’est que les enseignants ont peur, on les comprend, de ne pas tout maîtriser, de ne pas apporter une réponse simple et claire à toutes les questions. On limite les débordements possibles. Or c’est aussi, c’est surtout cela, un livre : perturber, dans le bon sens du terme, ouvrir une porte à des questions qui trouveront leur réponse, peut-être, bien plus tard.

Peut-être par effet de réaction, d’opposition, de démarquage, la grille de l’école campe sur ses positions et évite d’entrer sur le terrain de la grille médiatique. On se situe dans une politique de bras de fer aveugle.
Lorsque des enfants de dix ans, lors d’une séance d’éducation sexuelle, posent des questions sur la sodomie ou l’amour à trois, j’estime qu’on peut leur parler, dès cet âge, de caresses, de préliminaires et du fait qu’on ne fait pas l’amour tout à fait comme dans les films...
Lorsque je réalise que certains jouent à Quake ou Counter Strike durant des heures, et la dose d’images de violence emmagasinée, j’estime qu’on peut leur parler des enfants soldats, de la vente d’armes et des pétrodollars. Et surtout, de l’importance de l’image, de la manipulation publicitaire et journalistique. En deux mots : l’esprit critique !!!
Regardez-les, ils sont à la fois plus lucides et plus perdus que nous au même âge. Abreuvés d’informations, d’images, ils ont accès aux émotions du monde des adultes. Au nom de quoi veut-on les préserver encore un peu, étirer leur enfance alors qu’eux ne demandent que quelques repères pour mieux grandir ?
Appel au peuple : J’ai trouvé quelques excellentes adaptations mythologiques jeunesses, d’un point de vue historique, mais rien qui restitue l’optique de mon article (des héros ambigus, une souffrance à porter, pas une mythologie déguisée en roman de chevalerie…) Si quelqu’un a une suggestion de roman, lisible en sixième, je suis preneur !!!
12:15 Publié dans Littérature jeunesse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : mythologie, littérature jeunesse, sixième, collège
22/01/2007
> Bientôt riche et célèbre
Mon fils a dû cesser de faire pipi au lit pour que l’école l’accepte à l’heure de la sieste. Il dit Je suis un Grand Garçon, avec deux G, bien appuyés, plus un BB, hein ?
Moi, j’ai enfin envoyé mes manuscrits aux éditeurs. Pour jouer dans la cour des grands avec les autres. Quatre romans et six albums. J’ai comme l’impression de faire une blague, d’être un imposteur. Ils peuvent me payer pour ça ? C’est un métier ?
Donc, ce matin, mes manuscrits jeunesse envoyés à Bayard, Albin Michel, L’école des Loisirs, Nathan et Hatier. Je guette déjà le téléphone alors que les enveloppes sont encore à la poste. Et ça risque de durer trois mois…
J’ai envoyé mes manuscrits, des bouts de moi vont aller se promener dans tout Paris. Pourtant je suis encore vivant. Je m’étire comme après un long voyage en voiture.
Rien à voir avec le sujet, mais essentiel pour l’équilibre psychologique de tous, le mode d’emploi pour faire des cocottes c’est par : ICI
15:15 Publié dans Littérature jeunesse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cocotte, publié, auteur jeunesse, littérature jeunesse, éditeur, manuscrit
11/09/2006
> Alex Rider succède à Harry Potter
Ça va bientôt sortir en film. Vos moutards vont tous adorer. Il est le successeur en titre d’Harry Potter. J’ai nommé Alex Rider, dans Stormbreaker, le premier volet de ses aventures.
Je n’ai pas lu le tome 1, dont l’adaptation cinéma sortira le 26 octobre, mais le 3, qui m’est tombé par hasard sous la main : Skeleton Key. Je tiens donc à dire que ma vision de l’œuvre est partielle (et le restera, je le crains).
Personnage créé par l’auteur de best-sellers Anthony Horowitz, Alex Rider est un espion de 14 ans au service de sa majesté britannique. Initié au karaté par son oncle, grand amateur de sport, malin, séducteur et risque tout, Alex possède un profil calqué sur celui de James Bond à cette grosse différence près : son âge. Donc, dommage, pas de voitures de sport et les rapports avec la gent féminine s’arrêtent au roulage de pelle. Sa régulière, Sabina Pleasure (tout un programme…) ne s’en plaint pas : « J’avoue que te faire du bouche-à-bouche sur la plage a été le moment le plus excitant des vacances. Ensuite tu as disparu ! » (tous les mêmes…)
Toutes les règles sont réunies pour faire de cette série un best-seller :
1° D’abord, les nom et prénom du héros sont brefs, de deux syllabes, pour qu’on les mémorise facilement. De plus, elles sonnent comme celles d’un héros déjà connu...

2° Les parents du héros sont, comme de par hasard, morts dans un accident. Par procuration, le lecteur peut assumer ses fantasmes d’indépendance… (J’expliquais déjà ici pourquoi 75% des héros adolescents sont des orphelins)
3° Le titre suit la règle du tiercé gagnant puisqu’il est évocateur à la fois de mort, de danger et de mystère : Skeleton Key, l’île de tous les dangers. D’ailleurs, il ne sera question dans l’ouvrage ni de squelette ni de clé, c’est juste le nom de l’île (ah bon ?)

4° Structure traditionnelle : une grosse menace pèse sur la terre. Le héros, n’écoutant que son courage, sauve le monde après de multiples péripéties où sa vie est sans cesse en danger. Chaque chapitre exploite, en général, cinq types de situation qui permettent de maintenir un certain rythme d’action :
- Alex fait du sport (dans Skeleton Key : foot, ramasseur de balles à Wimbledon, karaté, surf, skateboard, plongée, natation, course à pied…)
- Alex espionne, se cache.
- Alex fuit.
- Alex se bat.
- Alex cherche à persuader quelqu’un.
5° Le récit fait appel aux repères et aux objets culturels types du lecteur prospect (cible marketing : garçon 12-14 ans) : la technologie (téléphone portable, ordinateurs, gadjets), les sports de glisse et de combat. L’auteur s’est bien renseigné, on dirait parfois un article de presse jeune. Un exemple :
« Alex qui n’avait pas de planche, en avait loué une. Celle de Sabina était plus large et plus épaisse, privilégiant la stabilité plutôt que la vitesse. Alex avait opté pour un « thruster » Ocean Magic, qui offrait une bonne prise et qui, grâce à ses trois dérives, donnait une sensation de contrôle. Quant à sa longueur, deux mètres cinquante, elle lui permettrait d’aborder des vagues de cette taille. »
6° A la manière de la dernière case des pages de Tintin, chaque chapitre se termine sur une phrase suspense ou bien choc, du style : « Sa cible était le monde entier » « La CIA cherchait une bombe nucléaire. » « Les hommes qui le transportèrent sur le hors-bord le manipulaient comme s’il était déjà mort. »

7° La règle du changement de décor est aussi utilisée. On passe de pays en pays. Chaque chapitre nous emmène dans un lieu différent (entrepôt, avion, haute mer, île, etc.)
8° L’attente du lecteur est favorisée par un élément de suspense-mystère (Que veut faire le méchant avec sa bombe ?) lié à un facteur temps (La date de l’explosion approche).

Utiliser tous ces trucs n’est pas un mal en soi. Un auteur peut user et abuser des ficelles, du moment qu’il y a un paquet dessous. Or, un récit d’un genre aussi codifié que le roman d’espionnage ne peut faire l’économie d’une certaine originalité. L’avantage d’utiliser des poncifs est de pouvoir pratiquer l’effet de surprise vis-à-vis du lecteur (Stephen King est par exemple un as du détournement de situation).
A l’exception de quelques bonnes idées, le plagiat de Bond est trop évident, les personnages et les situations convenues. Seul point positif, Sabina Pleasure est super mignonne, mais il est possible que cela soit dû à mon imagination plus qu’au talent de l’auteur…
Cadeau Bonux trouvé sur le site de l’auteur, ses conseils en écriture :
1) Plus tu lis, mieux tu écris.
2) Plus tu écris, mieux tu écris.
3) Crois en toi. Il est difficile de débuter dans le métier quand il se trouve toujours quelqu’un pour vous dire comment réussir. Ils ont tort. La seule différence entre un auteur à succès et un auteur raté est que l’auteur raté ne persévère pas.
4) Amuse toi. Tu as besoin d’un sujet d’écriture à propos duquel tu as une certaine expérience. Voyage. Rencontre des gens. Fais des choses futiles. Si tu te trouves assis dans une pièce sombre, le nez sur une page blanche, tu ne seras capable que d’écrire l’histoire de quelqu’un assis dans une pièce sombre, le nez sur une page blanche.
> Bande annonce du film et site officiel
> Site d’Anthony Horowitz
10:10 Publié dans Littérature jeunesse | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Alex Rider, Stormbreaker, Littérature jeunesse, Best seller, Harry Potter
22/03/2006
> Fin du concours rose !
Le concours la vie en rose est terminé !
Bravo aux 9 personnes qui ont trouvé toutes les bonnes réponses (ou presque) et qui recevront leur adresse g-mail par mail. Merci tout particulièrement à Hervé qui m'a bien fait rire. Voici donc la solution aux six questions, suivies de quelques éclaircissements :
1 Parmi les 5 amis qui composent le club des 5, un personnage ne dit jamais son opinion. Pourquoi ?
Le 5ème ami du club des 5 est un chien. Il n'a donc pas voie au chapitre, même s'il est très utile pour aboyer après les gangsters, mordre la main qui tient le pistolet, et renifler les caches de coke (mais je me trompe peut être de livre, là…)
2 Quel est le nom de famille de Oui oui ?
Le nom de famille de Oui Oui est bien Oui.
Son père, Monsieur Oui, a épousé Madame Non qui a d'ailleurs été fort contente de changer de nom. Si cela avait été l'inverse, Oui Oui se serait appelé Oui Non et, plus grand, il aurait sûrement dû suivre une psychanalyse. Heureusement, tout va toujours bien au pays du Bonheur. Le père Oui a même été assez riche pour lui offrir une voiture. Oui Oui n'a pas encore son permis mais qu'importe : vous avez sans doute remarqué que la boîte de vitesse est bridée à 3km heure.
3 Quel titre ne fait pas partie de la série ?
Le seul titre de la liste qui est faux est : Fantômette contre Adam Bauch (appréciez s'il vous plaît le jeu de mots, je l'ai déposé à la SGDL).
Cette histoire a bien failli voir le jour mais la bibliothèque rose l'a refusé, on se demande bien pourquoi : Adam Bauch est un méchant ministre qui veut faire passer une loi où les jeunes pourront être licenciés du jour au lendemain sans aucune raison. Heureusement, Fantômette casse des vitrines et brûle des voitures, Adam Bauch finit par céder.
4 Quel est la devise du S.N.I.F., organisation à laquelle appartient l’agent secret Lancelot ?
La devise du SNIF est « Solitaires mais solidaires ».
Les livres de la série comportent en première page un fac-similé de la carte de Lancelot agent secret. Je me suis toujours demandé à quoi elle pouvait bien servir étant donné qu'ils sont obligés de garder leur identité secrète. Sinon, tout méchant qui fouille Lancelot pourrait découvrir sa couverture : « Haha ! Tu n'es pas Titi Olgado comme tu le prétends ! Tu es Lancelot, du SNIF ! Et je vais te tuer (après t'avoir expliqué mes plans, bien entendu). » Si vous voulez mon avis, je pense que c'est simplement une carte pour manger à la cantine du SNIF.
5 Quel est le cri de Spartacus quand il lutte contre les méchants méchants ?
Le cri de Spartacus est « Fulguropoing ».
Spartacus souffre du syndrome du motus pensum mis en évidence par Freud (pensée verbalisée) : il prononce tout ce qu'il va faire. Voilà pourquoi, avant d'appuyer sur le bouton de mise à feu, il prononce « Fulguropoing ». De même, il dit « Je vais t'attaquer ! » avant de passer à l'attaque, et « Tu vas mourir » avant de tuer son adversaire. Ça lui fait perdre beaucoup de temps dans sa vie et explique qu'il n'a pas de petite amie. Qui voudrait d'un type qui dit « Je vais boire » avant de lever son verre, « Je vais aux cabinets » avant de se rendre discrètement au petit coin, et « Fulgurobisou » avant d'embrasser ?
La question subsidiaire (combien de cheveux a Candy sur la tête) a été trouvée par un internaute qui, selon le règlement, aurait dû gagner un voyage aux Mexique, un ordinateur portable et tout un tas de cadeaux très chers. Malheureusement son mail a été perdu, mail que je n'ai d'ailleurs jamais reçu. Donc, pas de gagnant ! (et merci pour mon compte en banque)
La réponse était pourtant facile à trouver : 3418,5 cheveux (un vraiment très court compte pour un demi).
03:30 Publié dans Littérature jeunesse | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : Littérature jeunesse
15/03/2006
> Concours rose : gagnez un voyage au Mexique, un ordinateur portable et des milliers d'autres cadeaux !!!
BIBLIOTHEQUE ROSE
JEU CONCOURS CULTUREL
Voyez-vous la vie en rose ?
N'ayant reçu que 5 réponses (toutes bonnes sauf une) au désormais mondialement célèbre concours "Voyez-vous la vie en rose ?" lancé dans ma note du 8 mars, je prolonge jusqu'au mardi 21 mars la date de clôture. Envoyez vos réponses à concoursrose@yahoo.fr.
Les 5 personnes ayant répondu se verront remporter dès aujourd'hui une adresse e-mail G-mail !
Il reste donc 5 adresses G-mail à gagner...
Les réponses seront publiées dans une semaine, prière de ne pas donner d’indices dans la rubrique Commentaires.
Lisez attentivement, ça paraît surement très compliqué alors qu'il y a des astuces...
Note : pour gagner un voyage au Mexique, un ordinateur portable et des milliers d'autres cadeaux, répondez à la question subsidiaire : combien de cheveux porte Candy sur la tête ? La personne ayant trouvé le nombre exact se verra remporter le gros lot. Candy sera tondue devant huissier le 21 mars et assurera elle même le comptage de ses cheveux.
1 Parmi les 5 amis qui composent le club des 5, un personnage ne dit jamais son opinion. Pourquoi ?
2 Quel est le nom de famille de Oui oui ?
3 Quel titre ne fait pas partie de la série ? :
Fantômette contre le hibou
Fantômette contre le Géant
Fantômette contre Fantômette
Fantômette contre la main jaune
Fantômette contre Charlemagne
Fantômette contre Adam Bauch
Fantômette contre Diabola
Fantômette contre Satanix
4 Quel est la devise du S.N.I.F., organisation à laquelle appartient l’agent secret Lancelot ?
« Solitaires ont du flair »
« Solitaires mais solidaires »
« Solitaires mais en vers »
5 Quel est le cri de Spartacus quand il lutte contre les méchants méchants ?
Fulguropoing !
Gogogadgetopoing !
Force rouge !
Raaalovely !
08:35 Publié dans Littérature jeunesse | Lien permanent | Envoyer cette note
14/03/2006
> Filles / garçons : eros et thanatos

- Les explosifs
- Comment on se sent en situation d’apesanteur
- Les capacités de la bombe atomique
- Les armes chimiques et bactériologiques
- Les trous noirs et supernovas
- Comment les météorites ou les astéroïdes peuvent commettre des catastrophes sur terre
- La possibilité d’une vie extraterrestre
- Le fonctionnement des ordinateurs
- Les effets des chocs électriques sur le corps
- Les animaux dangereux
Les filles, elles, sont plus portées sur :
- La raison et la signification des rêves
- Le cancer et les possibilités de soins
- Comment apporter les premiers secours
- L’entraînement pour rester mince
- Les maladies sexuellement transmissibles et leurs protections
- Le sida
- La question de la vie, de la mort et de l’âme
- Les aspects psychologiques et physiques de l’avortement
- Les problèmes liés à la nourriture
- Les dangers de l’alcool et du tabac
Conclusion : les garçons sont attirés par des phénomènes plus abstraits là où les filles ont un esprit assez pratique et tourné vers le corps.
Où est la part de l’inné et celle du bain culturel ? Aucune idée.
De là à en venir à penser, comme en conclut l’étude, que « nous devrions enseigner parfois aux deux sexes de façon séparée », je ne suis franchement pas d’accord. Ce serait creuser encore plus le fossé ! Et je reste persuadé que la question de l’avortement, par exemple, doit concerner tout le monde…
De plus, cela soulève un problème que je me suis souvent posé face à la littérature jeunesse et qu’évoque Christian Grenier dans Je suis un auteur jeunesse : le littérature jeunesse ne deviendrait-elle pas féminine ?
Allez dans une bibliothèque jeunesse et comptez le nombre de romans d’aventure, d’espionnage, de pirates et de science-fiction par rapport à celui portant sur la vie quotidienne et l’amour. Résultat à ma bibliothèque Mouffetard : 2 livres sur 3 orientés filles !
La raison ? ELLES sont parmi nous. ELLES se sont infiltrées à tous les niveaux pour choisir les livres de nos enfants : mères (qui achètent la plupart du temps les livres), institutrices, professeures, bibliothécaires, et responsables éditoriales !
Il arrive que ma femme, prof de Français, se demande si tel ou tel roman choisi, à étudier en classe, plaira aussi aux garçons. Difficile pour elle de se projeter dans ces centres d’intérêt là !
Résultat sur toute la france : on étudie Madame Bovary plus souvent que Michel Strogoff. Après, on dira que les garçons n’aiment pas lire !
Attention à ne pas caricaturer mes propos. Je parle de tendances de goûts féminins ou masculins. Il ne s’agit pas de classifier la littérature en filles et garçons mais d’intéresser tout le monde en ne négligeant pas les gars !
> Le compte rendu de l’expérience par la BBC
> Une note de moi sur le romantisme appliqué aux garçons
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08/03/2006
> 150 ans et toujours aussi rose
Jeanne Calment de la littérature jeunesse, la célèbre Bibliothèque Rose fête cette année ses 150 ans.
De la couleur
En 1856, Hachette lance une collection rose (en réalité rouge) destinée aux enfants et publie le premier roman de la comtesse de Ségur Les Nouveaux Contes de fées, illustré par Gustave Doré. Avec l’achat du fond de Jules Verne en 1924, Hachette invente la littérature Happy Meal : rose pour les filles et verte pour les garçons. Après la seconde guerre mondiale, la mixité l’emporte (sans doute quelques jeunes filles tenaient-elles à lire Jules Verne ?) : le rose est réservé aux petits et le vert aux plus grands (avec des titres comme Guerre et Paix !)
Plus tard, les lecteurs, habitués au concept de progression chromatique, découvriront la collection Harlequin déclinée en bleu Azur (pour les plus jeunes : scènes de sexes évoquées), rouge Désir (scènes plus précises à lire avec un dictionnaire pour comprendre ce qu’est une « hampe turgescente ») et violet Audace (qui approfondit encore plus la question).
Le code couleur est donc la première grande innovation de la bibliothèque rose.
Depuis, les autres éditeurs ont suivi l’idée, la couleur déterminant l’âge ou le genre. De grandes maisons, qui semblent ne pas avoir tout à fait compris le système, mettent même toutes les couleurs possibles sur leurs couvertures. Elles sont donc habillées façon briques de Lego :

Du chiffre
Ayant publié les Trois mousquetaires (tout en rose mais bibliothèque verte, allez comprendre…) et les Quatre filles du docteur March, Hachette fait monter les enchères et propose ensuite Le club des 5, Les 5 détectives, Les 6 compagnons et Le clan des 7. Dans la foulée, la bibliothèque rose passa commande à un certain Tolkien, lui demandant d’écrire La communauté des 8 (titre provisoire). Il était en effet le seul auteur à accepter de prendre en charge autant de personnages à la fois. Cependant, la tâche s’avérant difficile à gérer, il préféra en tuer un dès le premier tome et son manuscrit fut donc refusé.
Un défi culturel
La bibliothèque rose a toujours mené une politique risquée de découvreur de talents, oeuvrant sur le terrain pour devancer les attentes des lecteurs. La directrice, interrogée par Les Echos, témoigne : « Aujourd'hui, un éditeur pour la jeunesse fonctionne sur un mode proche du fabricant de jouets » « Nous menons une veille permanente sur ce qui se passe à la télévision, dans l'univers des jeux vidéo comme dans les cours de récréation ».
La bibliothèque rose a donc publié toutes les histoires des films de Disney, les trépidantes aventures de Barbie, les épisodes des séries du Club Dorothée (Ulysse 31, Candy, Goldorak…) et a contribué à relancer des héros méconnus tels que Mimi Cracra ou Babar.
La novellisation des histoires de Titeuf est à ce propos un tour de force : pour chaque ouvrage, il s’agit d’utiliser cinq pages tirées de la bande dessinée. Quelques cases sont récupérées, puis insérées dans un texte racontant le contenu des cases manquantes.
Résultat : pendant qu’ils lisent Titeuf en rose, au moins, ils ne sont pas le nez plongés dans une bande dessinée.

Cette philosophie permet le passage en douceur de la télévision et des jeux vidéos à un accès à la lecture partagé par tous. Des partenariats se sont noués avec d'autres détenteurs de licences. « Il s'agit de réaliser des échanges de visibilité en glissant des livrets dans les DVD ou en mettant des résumés de livres sur les sites des chaînes de télévision. Nous participons aussi à des dotations pour les jeux concours ».
Pour fêter gaillardement leur anniversaire, Hachette prévoit d’éditer, le 15 mars, le 50ème tome des aventures de Fantômette portant le titre original de : Le Retour de Fantômette. Modernité oblige, Fantômette aura un téléphone portable et son amie Ficelle passera ses heures sur Internet. Un concours est prévu, proposant aux enfants de photographier leur famille déguisée en héros de leur choix. C’est possible de faire Titeuf tout nu ?
Moi je dis oui oui.
Liens :
> Le dossier de presse
> L’évolution d’un même livre en bibliothèque rose
> La Comtesse de Ségur en rose (avec représentation de la violence)
> Mon article sur la publication de la comtesse de Ségur
> Ma critique de Barbie danse le lac des cygnes

Voyez-vous la vie en rose ?
Envoyez vos réponses avant le mardi 14 mars (CONCOURS PROLONGE JUSQU'AU 21 MARS) à concoursrose@yahoo.fr.
Les dix premières personnes ayant répondu juste à toutes les questions gagneront une adresse e-mail G-mail !
Les réponses seront publiées dans une semaine, prière de ne pas donner d’indices dans la rubrique « Commentaires »
1 Parmi les 5 amis qui composent le club des 5, un personnage ne dit jamais son opinion. Pourquoi ?
2 Quel est le nom de famille de Oui oui ?
3 Quel titre ne fait pas partie de la série ? :
Fantômette contre le hibou
Fantômette contre le Géant
Fantômette contre Fantômette
Fantômette contre la main jaune
Fantômette contre Charlemagne
Fantômette contre Adam Bauch
Fantômette contre Diabola
Fantômette contre Satanix
4 Quel est la devise du S.N.I.F., organisation à laquelle appartient l’agent secret Lancelot ?
« Solitaires ont du flair »
« Solitaires mais solidaires »
« Solitaires mais en vers »
5 Quel est le cri de Spartacus quand il lutte contre les méchants méchants ?
Fulguropoing !
Gogogadgetopoing !
Force rouge !
Raaalovely !
08:10 Publié dans Littérature jeunesse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
10/01/2006
> Incantation
- Quelle heure est-il madame Fourmi ?
- Cinq heures moins le quart monsieur Placard.
- Qui vous l'a dit ?
- La petite souris.
- Mais où est-elle ?
- Dans la chapelle.
- Et que fait-elle ?
- Fait des dentelles.
Une comptine qui remonte sans doute à longtemps. Aujourd'hui les petites souris ne font pas de dentelles, elles préfèrent regarder la télévision. D'ailleurs, je suis presque sûr que les paroles d'origine étaient : " Quelle heure est-il madame fournil ? " C'est logique, étant donné la rime et vu qu'une fourmi n'adressera jamais la parole à un placard, n'étant pas du même monde, ou alors très rarement. Mais quel enfant sait aujourd'hui ce qu'est un fournil ?
Une autre comptine me hante, que je murmure parfois encore comme une douce incantation : trois petits chats. Après quelques recherches parmi de nombreuses variantes, je pense vous fournir la version la plus ancienne (d'ailleurs, la plus ardue : aucun mot ne se rapporte à l'univers de l'enfance, tous concernent une vie d'adulte) :
Trois petits chats, trois petits chats, trois petits chats, chats, chats...
Chapeau de paille, chapeau de paille, chapeau de paille, paille, paille...
Paillasson...
Somnambule...
Bulletin...
Tintamarre...
Marabout...
Bout de ficelle...
Selle de cheval...
Cheval de course...
Course à pied...
Pied à terre...
Terre de feu...
Feu follet...
Lait de vache...
Vache de ferme...
Ferme ta mmm...
Gueule de bois...
Boissons chaude...
Chaudière...
Hier au soir...
Soir d'hiver...
Vermifuge...
Fugitif...
Typhoïde...
Identique...
Tic nerveux...
Veuve de guerre...
Guerre de Troie...
Trois petits chats...
Ce petit texte m'émeut au plus haut point. On tient là l'essence du langage, le mystère de l'enchaînement des sonorités. Les images s'emboîtent à l'infini. On imagine le somnambule dehors, sur le paillasson, la veuve de guerre au tic nerveux, les trois petits chats de la guerre de Troie. Un bout de ficelle, du lait de vache, une chaudière deviennent tout à coup des objets énigmatiques. Sans parler de vermifuge et typhoïde, d'étranges animaux que ceux là ! Et aussi les mots terribles : feu, gueule, guerre, de ceux qu'on prononce un peu plus fort que les autres.
Le choix des mots eux-même, leur quotidien, leur contraste, n'est pas le simple fruit du hasard. J'y vois les bruits d'un petit village à la campagne en hiver avec ses chevaux, ses vaches, ses chats, ses veuves, ses malades et ses ivrognes. J'y vois un auteur inconnu à jamais célébré dans la voix et l'imaginaire de millions d'enfants.
Photo : W. HoffackerJe recherche toujours des informations sur la comptine de trois petits chats. Si vous avez des pistes (livres, site internet...) merci de me les communiquer !
11:50 Publié dans Littérature jeunesse | Lien permanent | Envoyer cette note
06/01/2006
> Victor
J'ai enfin fini d'illustrer Victor et la fille de la lune, que vous trouverez en intégralité sur le blog "Tiroirs" (cliquez sur le lézard qui rampe dans la colonne de droite)
Je me suis acheté un joli pastel vert crocodile qui manquait à ma boîte pour m'attaquer à La colère de maman crocodile. Je sens que je vais y laisser quelques doigts... Pour Noël prochain, je demanderai une tablette graphique, c'est moins dangereux !
16:28 Publié dans Littérature jeunesse | Lien permanent | Envoyer cette note













