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25/05/2007
> Le lit

Toujours la même routine. Au bureau, personne ne m’adresse plus la parole depuis que David s’est fait virer. Ça murmure derrière mon dos. Ils croient que c’est moi qui ai dénoncé ses coups de téléphone en Amérique aux frais de la boîte. Sont certainement jaloux, en vérité, de mon augmentation. De retour à l'appartement, j’ai eu la surprise de trouver mon lit déjà fait. Il m'arrive parfois de le border, mais le soir, juste avant de me coucher. Sans doute, dans un moment d'égarement, ce matin...
Samedi 9 octobre
Ai acheté des courgettes, beaucoup trop. Vieux réflexe de cuisiner pour deux. Moi qui n'aime pas manger le même plat d'un jour sur l'autre. Lu le journal pour un nouveau travail : rien. Café et cigarettes. Me limiter au moins sur le café. Aussi, une impression bizarre qui ne me lâche pas : plus je regarde mon lit, plus je trouve qu’il me regarde. Juste une sensation sans autre image précise : j’ai la sensation que mon lit m’observe. Impossible, bien entendu. Ce serait un portrait au mur, je pourrai encore comprendre. Mais un lit... Une heure du mat, trop traîné, dormir maintenant.
Dimanche 10 octobre
Nuit très agitée, à me retourner sans cesse. Je commençais à m’endormir et je sentais les draps bouger autour de moi, onduler lentement. Comme des caresses. Les hallucinations n'ont cessé qu'une fois debout. Ai cherché la pharmacie ouverte le dimanche. La vendeuse trop jeune, trop belle. Pas osé demander un calmant, comme un vieux déglingué. Me retrouve avec des pastilles au menthol.
Lundi 11 octobre
Téléphoné au boulot pour leur dire que je ne viendrai pas à cause d’un gros rhume. Dormi toute la nuit dans le sofa, à me poser sans cesse la même question : et si c’était une lit ? Et si elle était amoureuse de moi ?
Mardi 12 octobre
Pastilles au menthol finies. Journée dans la cuisine. N'ose plus regarder la lit. L’idée de passer ma vie avec elle me déplaît singulièrement. Pourtant, déjà huit ans que nous dormons ensemble. Je risque de lui briser le cœur.
Mercredi 13 octobre
En ai longtemps parlé à l’armoire et elle est d’accord avec moi : un lit ne peux pas être vivant. Me voilà rassuré.
18:55 Publié dans Court toujours | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : nouvelle, lit, amour, sébastien ami, sébastien bonifas














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Commentaires
j'aime bien l'idée. on dirait une nouvelle à chute. Mais j'aimerais plus de détails.
LZ
Ecrit par : Leila Zhour | 26/08/2007
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