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16/02/2007

> Petite baffe avant le départ...

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Malheureusement, nous ne pouvons envisager sa publication car il ne s'insère dans aucune de nos collections existantes.

Ca fait toujours mal de se prendre un râteau : casses-toi, t'es trop moche, pas assez beau pour rentrer dans ma collection.

Je connais pourtant bien l'envers du décor : l'aléatoire des lecteurs, les plannings de parutions à combler de livres aux critères précis (il leur manque peut-être un polar cette année ?), le sort des livres arrivés sans recommandation, les centaines de manuscrits chaque mois. Je pensais pourtant qu'avec une dizaine de textes je passerai au moins le premier comité de lecture...

En plus, Nathan Syros, c'est quand même une belle femme, j'aurais aimé, je crois.
Je me console en pensant que quatre autres éditeurs lisent mes textes en ce moment. L'un d'eux comprendra-t-il que ce sont des lettres d'amour ?

07/02/2007

> Defaced

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Une petite vidéo sur la lutte des classes version 2007... Message tout simple (iste ?) mais bien foutu !

> Cliquez ICI. 

06/02/2007

> La mythologie comme apprentissage de la vie

medium_promet.JPGSous prétexte que ce sont des « fables », on a choisi d’enseigner la mythologie dès la 6ème. Or, la plupart des adaptations jeunesse des mythes en sont des trahisons profondes : on place de la moralité là où ces histoires sont, justement, totalement amorales. Il serait au contraire intéressant d’éveiller les élèves de cet âge à sortir des carcans des contes pour enfants – certes utiles au premier stade de leur éducation – mais qui n’ouvrent pas à l’apprentissage de la nuance.

Car la mythologie peut être un formidable vecteur de réflexion :
- Il n’existe pas vraiment de gentils ni de méchants. Les « héros » ne triomphent pas toujours.
- Certains portent une sorte de faute, parfois celle de leurs parents.
- Les personnages montrent rarement un esprit d’initiative et sont manipulés par les dieux (forces supérieures qui les dépassent, pulsions ?)
- Les hommes, les femmes, les dieux et déesses s’aiment et s’entredéchirent. L’amour et la souffrance sont étroitement mêlés.

Au lieu de cela, on remplace l’essence des mythes grecs par celle des romans de chevalerie, qui lui est opposée. Sans aller jusqu’à parler de violence extrême ou de sexualité (d’accord, on évitera la scène de Pasiphaé enfermée dans une boîte en forme de vache pour être fécondée par un taureau !) pourquoi passer sous silence les nombreuses infidélités d’Ulysse ou de Zeus, la lâcheté d’Achille (courageux uniquement lorsqu’il se sent immortel), et les aventures d’Œdipe ?

Au nom de quoi cherche-t-on a préserver les enfants d’histoires un peu complexes, c’est-à-dire de supports à penser ? C’est que les enseignants ont peur, on les comprend, de ne pas tout maîtriser, de ne pas apporter une réponse simple et claire à toutes les questions. On limite les débordements possibles. Or c’est aussi, c’est surtout cela, un livre : perturber, dans le bon sens du terme, ouvrir une porte à des questions qui trouveront leur réponse, peut-être, bien plus tard.

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En sixième, les enfants vivent avec deux grilles de décryptage du monde, totalement inconciliables : celle de l’école (liée souvent à l’éducation parentale) et celle que leur présente les médias. La grille de l’école fonctionne comme une sorte de modèle référentiel noble. Elle tente de mettre en valeur l’effort, la responsabilité, la politesse, la relation à soi et aux autres. Quant à la grille médiatique, elle se place sur le terrain de la possession, l’immédiateté, le territoire, l’ego, la sexualité.
Peut-être par effet de réaction, d’opposition, de démarquage, la grille de l’école campe sur ses positions et évite d’entrer sur le terrain de la grille médiatique. On se situe dans une politique de bras de fer aveugle.
Lorsque des enfants de dix ans, lors d’une séance d’éducation sexuelle, posent des questions sur la sodomie ou l’amour à trois, j’estime qu’on peut leur parler, dès cet âge, de caresses, de préliminaires et du fait qu’on ne fait pas l’amour tout à fait comme dans les films...
Lorsque je réalise que certains jouent à Quake ou Counter Strike durant des heures, et la dose d’images de violence emmagasinée, j’estime qu’on peut leur parler des enfants soldats, de la vente d’armes et des pétrodollars. Et surtout, de l’importance de l’image, de la manipulation publicitaire et journalistique. En deux mots : l’esprit critique !!!
Regardez-les, ils sont à la fois plus lucides et plus perdus que nous au même âge. Abreuvés d’informations, d’images, ils ont accès aux émotions du monde des adultes. Au nom de quoi veut-on les préserver encore un peu, étirer leur enfance alors qu’eux ne demandent que quelques repères pour mieux grandir ?

Appel au peuple : J’ai trouvé quelques excellentes adaptations mythologiques jeunesses, d’un point de vue historique, mais rien qui restitue l’optique de mon article (des héros ambigus, une souffrance à porter, pas une mythologie déguisée en roman de chevalerie…) Si quelqu’un a une suggestion de roman, lisible en sixième, je suis preneur !!!

04/02/2007

> Un livre à un million d'auteurs ?

anm-pinguin-writing.gifJe reproduis ici une grande partie de la note d'hier de Pierre Assouline :

Tous romanciers !

Il fallait s’y attendre : à force de leur dire qu’ils étaient désormais tous photographes, journalistes, cinéastes, peintres etc, ils ont fini par croire qu’ils étaient également tous romanciers. Un éditeur n’allait pas laisser passer l’air du temps sans le capter. C’est donc le puissant et prestigieux Penguin qui s’y est collé sans état d’âme en tandem avec l’atelier d’écriture de l’université De Montfort (Leicester, Grande-Bretagne). Mais ils l’ont fait sur le mode : et si pour une fois les créateurs mettaient leur ego de côté et travaillaient en équipe ? C’est tellement crétin qu’on ne peut imaginer que l’éditeur des plus grands classiques s’y soit mis autrement que sous la pression de son service marketing dans le fol espoir de conquérir le marché djeune.

Ce roman “expérimental” comme ils disent s’intitule A Million Penguins. Tout le monde peut y écrire mais nul ne pourra y revendiquer la paternité de tel personnage ou de telle situation. Chacun est libre d’effacer ou de modifier ce que l’autre a écrit précédemment. [...]

Peut-être faut-il le rappeler : la littérature est l’épreuve de la solitude. Quand on écrit, on est toujours seul. Un roman, je parle de ces romans que l’on met toute une vie à ruminer et quelques mois à suer, n’est pas un jeu en ligne. Demandez à Simenon, Kafka, Faulkner et à leurs épigones. Ils écrivaient par rapport à un absolu. Réduire ça à une question d’ego qu’il s’agirait de déjouer par un gadget e-communautaire, c’est se condamner à ne rien comprendre à l’enjeu.

 

Ma réaction :

Pourquoi tant de colère à défendre le “vrai” roman et l’auteur pur et dur ?
Ce n’est qu’un jeu !!!
L’expérience de Penguin ne prétend pas - du moins j’espère ! - produire un chef d’oeuvre. Mais elle est amusante, non ? Je doute que les auteurs “portés” par leur absolu se piquent de participer à la chose. Donc, tant mieux pour les autres, ils vont surement s’amuser. On peut pratiquer le théâtre amateur sans se croire acteur.
Par contre, je m’inquiéterai peut-être un jour, lorsque la télévision produira la Writers Academy : un loft où les écrivains doivent s’éliminer en produisant la meilleure suite possible à un roman…

> La note de Pierre Assouline

> Le Million Penguins 

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