11/09/2006

> Alex Rider succède à Harry Potter

medium_SkeletonKey.jpgÇa va bientôt sortir en film. Vos moutards vont tous adorer. Il est le successeur en titre d’Harry Potter. J’ai nommé Alex Rider, dans Stormbreaker, le premier volet de ses aventures.
Je n’ai pas lu le tome 1, dont l’adaptation cinéma sortira le 26 octobre, mais le 3, qui m’est tombé par hasard sous la main : Skeleton Key. Je tiens donc à dire que ma vision de l’œuvre est partielle (et le restera, je le crains).
Personnage créé par l’auteur de best-sellers Anthony Horowitz, Alex Rider est un espion de 14 ans au service de sa majesté britannique. Initié au karaté par son oncle, grand amateur de sport, malin, séducteur et risque tout, Alex possède un profil calqué sur celui de James Bond à cette grosse différence près : son âge. Donc, dommage, pas de voitures de sport et les rapports avec la gent féminine s’arrêtent au roulage de pelle. Sa régulière, Sabina Pleasure (tout un programme…) ne s’en plaint pas : « J’avoue que te faire du bouche-à-bouche sur la plage a été le moment le plus excitant des vacances. Ensuite tu as disparu ! » (tous les mêmes…)
Toutes les règles sont réunies pour faire de cette série un best-seller :

1° D’abord, les nom et prénom du héros sont brefs, de deux syllabes, pour qu’on les mémorise facilement. De plus, elles sonnent comme celles d’un héros déjà connu...

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Les parents du héros sont, comme de par hasard, morts dans un accident. Par procuration, le lecteur peut assumer ses fantasmes d’indépendance… (J’expliquais déjà ici pourquoi 75% des héros adolescents sont des orphelins)

Le titre suit la règle du tiercé gagnant puisqu’il est évocateur à la fois de mort, de danger et de mystère : Skeleton Key, l’île de tous les dangers. D’ailleurs, il ne sera question dans l’ouvrage ni de squelette ni de clé, c’est juste le nom de l’île (ah bon ?)

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Structure traditionnelle : une grosse menace pèse sur la terre. Le héros, n’écoutant que son courage, sauve le monde après de multiples péripéties où sa vie est sans cesse en danger. Chaque chapitre exploite, en général, cinq types de situation qui permettent de maintenir un certain rythme d’action :
- Alex fait du sport (dans Skeleton Key : foot, ramasseur de balles à Wimbledon, karaté, surf, skateboard, plongée, natation, course à pied…)
- Alex espionne, se cache.
- Alex fuit.
- Alex se bat.
- Alex cherche à persuader quelqu’un.

5° Le récit fait appel aux repères et aux objets culturels types du lecteur prospect (cible marketing : garçon 12-14 ans) : la technologie (téléphone portable, ordinateurs, gadjets), les sports de glisse et de combat. L’auteur s’est bien renseigné, on dirait parfois un article de presse jeune. Un exemple :
« Alex qui n’avait pas de planche, en avait loué une. Celle de Sabina était plus large et plus épaisse, privilégiant la stabilité plutôt que la vitesse. Alex avait opté pour un « thruster » Ocean Magic, qui offrait une bonne prise et qui, grâce à ses trois dérives, donnait une sensation de contrôle. Quant à sa longueur, deux mètres cinquante, elle lui permettrait d’aborder des vagues de cette taille. »

6° A la manière de la dernière case des pages de Tintin, chaque chapitre se termine sur une phrase suspense ou bien choc, du style : « Sa cible était le monde entier » « La CIA cherchait une bombe nucléaire. » « Les hommes qui le transportèrent sur le hors-bord le manipulaient comme s’il était déjà mort. »

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7° La règle du changement de décor est aussi utilisée. On passe de pays en pays. Chaque chapitre nous emmène dans un lieu différent (entrepôt, avion, haute mer, île, etc.)

8° L’attente du lecteur est favorisée par un élément de suspense-mystère (Que veut faire le méchant avec sa bombe ?) lié à un facteur temps (La date de l’explosion approche).

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Utiliser tous ces trucs n’est pas un mal en soi. Un auteur peut user et abuser des ficelles, du moment qu’il y a un paquet dessous. Or, un récit d’un genre aussi codifié que le roman d’espionnage ne peut faire l’économie d’une certaine originalité. L’avantage d’utiliser des poncifs est de pouvoir pratiquer l’effet de surprise vis-à-vis du lecteur (Stephen King est par exemple un as du détournement de situation).

A l’exception de quelques bonnes idées, le plagiat de Bond est trop évident, les personnages et les situations convenues. Seul point positif, Sabina Pleasure est super mignonne, mais il est possible que cela soit dû à mon imagination plus qu’au talent de l’auteur…

Cadeau Bonux trouvé sur le site de l’auteur, ses conseils en écriture :

1) Plus tu lis, mieux tu écris.
2) Plus tu écris, mieux tu écris.
3) Crois en toi. Il est difficile de débuter dans le métier quand il se trouve toujours quelqu’un pour vous dire comment réussir. Ils ont tort. La seule différence entre un auteur à succès et un auteur raté est que l’auteur raté ne persévère pas.
4) Amuse toi. Tu as besoin d’un sujet d’écriture à propos duquel tu as une certaine expérience. Voyage. Rencontre des gens. Fais des choses futiles. Si tu te trouves assis dans une pièce sombre, le nez sur une page blanche, tu ne seras capable que d’écrire l’histoire de quelqu’un assis dans une pièce sombre, le nez sur une page blanche.

> Bande annonce du film et site officiel
> Site d’Anthony Horowitz

Commentaires

Wouaaaah ...deja que je savais meme pas que alex ridder existait ...vu la description ca me donne pas envie plus que ca de
decouvrir son existence ...N'empeche j'ai bien aimé comment tu defends tes opinions, rien qu'avec des faits ...j'ai parcouru un peu ton blog et on trouve plein de chose interessante ^^
Voila ^^
Et c'était aussi pour dire que je partage ton opinion, aprés la visite vers le site offciel ...Harry Potter reste Mieux que alex...et d'ailleurs lorsque tu cite Stephen King...tu le fais avec raison! C'est un auteur, qui surprends dans chacun de ses romans...bien que je n'ai pas eu l'occasion de tous les lire ^^' ...
Ah oui ...et aussi...La phrase sur le site de Stormbreaker : " you're never too young to die" ...un peu abusé je trouve ...dans un monde où plein d'enfants souffrent et meurent ( bombes, catastrophes naturelles, drames familiaux, accidents, famines, suicides...)...une phrase comme celle ci laisse a désirer ...ce n'est que mon avis ...
++

Écrit par : elwhäne | 16/09/2006

bon c'est sûr que qu'Alex est loin d'arriver à la cheville que notre ami l'ébouriffé au balai dernier cri, il ne faut pas être trop dur non plus. un livre sert à divertir et je trouve que les Alex Rider (les 6 ou 7, je ne sais plus) on relativement réussi à me divertir, du haut de mes 14 ans (à l'époque où j'ai commencé à lire le tome)
mais bon, j'admets volontier que ce n'est pas à précisement parler un pur chef d'oeuvre. mais je suis sûre que sans chercher beaucoup, on peut trouver bien pire (littérature jeunesse ou non)

Écrit par : Mymic | 17/09/2006

Moi, j'aime bien Anthony Horowitz et ses Alex Rider marchent trés bien. Moi même, je me suis laisée elportée.
C'est étrange de ne pas attaquer l'auteur d'Harry Potter pour plagiat car Anthony Horowitz a écrit une histoire de garçon à l'école des sorciers bien 15 ans avant que naisse HP (sujet qui n'est donc en rien innovent contrairement à ce qui a toujours été dit). D'ailleurs, son île du crâne" et "maudit graal" (seulement 2 tomes), best seller des CDI de collège, sont bien plus rigolos et empreint de cet humour britanique que j'adore. Qu'on se le dise !!!!.....

Écrit par : doc_doc | 22/06/2007

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