10/03/2006

> Extrait du blog pornographique de Garfieldd

medium_garfield.gifEn janvier, je vous faisais part de ma réflexion sur la révocation du proviseur Garfieldd. Le formidable contrepouvoir communautaire et pourtant apolitique d’internet a fait ses preuves et des milliers d’internautes ont manifesté leur soutient. Résultat : la presse a embrayé et le ministre est revenu sur la révocation il y a deux mois, la limitant à un an, dont 6 mois non payés. C’est encore disproportionné, d’autant que l’accusation de pornographie n’a pas été retirée. Si le proviseur n’avait pas confié son homosexualité dans son blog, l’affaire aurait-elle été portée devant les tribunaux ?

A l’initiative de Soutien à Garfieldd, je participe à la chaîne de diffusion d’extraits de ce blog incriminé de pornographie. Attention, oui, le morceau choisi parle de sexe et risque d’en choquer plus d’un... Jugez vous-même :

Par Garfieldd, Mercredi 2 Février 2005 à 00:03 :: >> Au travail

Ces gens là (Jacques Brel)

...Faut vous dire Monsieur
Que chez ces gens-là
On ne vit pas Monsieur
On ne vit pas on triche...

Elle a 16 ans et demi.
Vendredi, elle a raconté à l'infirmière ce que son grand-père lui avait fait, il y a quelques années.
L'infirmière lui a demandé si elle se sentait assez forte pour en parler à ses parents.
Elle a répondu par l'affirmative. Le plus dur c'est d'oser en parler la première fois.
Lundi l'infirmière reçoit la jeune fille et ses parents. Et leur indique sa détermination de faire un signalement auprès du Procureur de la République. A moins que le parents ne portent plainte eux-mêmes.

Ce matin je reçois les parents et la jeune fille. Ils ont l'air préoccupés.
Pas effondrés. Préoccupés.
Mais pas parce que je crois.
Ce qui les gêne c'est la réaction de la famille. La veille la tante de la jeune fille (pourtant mère d'une gamine elle aussi) a frappé la jeune fille pour avoir osé parler. Les parents pensent qu'il ne faut pas aller plus avant dans les démarches. Maintenant qu'ils savent, ils vont s'occuper de leur fille. En privé. Etouffer. Sauver les apparences. Le jeune fille ne souhaite d'ailleurs pas que l'affaire prenne ces proportions : hein tu ne souhaites pas que ça aille plus loin, hein ?
Et puis la grand mère est une femme admirable que la jeune fille adore. Et la grand mère en mourrait et la jeune fille culpabiliserait. Hein tu culpabiliserais s'il arrivait quelque chose à mamie ?
Et la jeune fille se tait.
Je m'élève violemment contre l'idée que les parents puissent vouloir ou oser instiller le poison de la culpablisation dans le coeur et l'esprit de leur fille. Je demande à la jeune fille de sortir.

Je demande aux parents s'ils se rendent compte de ce qu'ils font, de ce qu'il couvrent, de ce qu'ils acceptent, de ce qu'ils demandent à leur gamine d'accepter. Elle a subi. Elle s'est tue. Elle parle maintenant. Mais selon eux il faut maintenant qu'elle chuchotte, ou mieux... qu'elle se taise. Je leur dis que cette attitude est intolérable. Inacceptable. Obscène. Abjecte. Pas avec ces mots là parce que je ne suis pas procureur. J'essaie de faire que mes mots trouvent le coeur de la mère et la raison du père. Ou l'inverse. Mais qu'ils ne soient pas vains.
Je fais rentrer à nouveau la jeune fille.
Non tu ne serais pas coupable, toi, de quoi que ce soit. Tu es victime. Et le retour à la simple chronologie des faits impose cette évidence. Rien ne serait arrivé si le grand père n'avait pas été indigne, abject, immonde. Je souhaite que plus tard la jeune fille se souvienne que des adultes l'ont aidé écouté sans se soucier du qu'en dira-t-on.
Les parents réfléchissent à voix haute et suggèrent que s'ils ne portent pas plainte, le signalement n'aura pas de conséquence, pas de suite. Que tout restera lisse en surface. Ils émettent l'idée que si la jeune fille, leur fille se rétracte ils pourront gérer l'affaire dans leur confort médiocre et lâche.
Ils me reprochent de ne pas leur laisser le temps de réfléchir à la meilleure façon de gérer ça. Ils me disent que si leur fille a plus tard les idées en compote (sic), ce sera de ma faute.
Ils veulent protéger leur fille... Protéger. Je m'étrangle, mais je ne m'emporte pas.
Je reste ferme sur ma position. Je n'ai pas le choix certes, mais surtout je suis convaincu de faire le bon choix. Le seul choix.

Ce soir à 16h00, j'ai fait le signalement. Evidemment.

 

 

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  1. Rendez-vous sur webarchives.
  2. Choisissez un billet, publiez-le (billet complet) sur votre blog.
  3. N'oubliez pas de mentionner son auteur, la date et le titre.
  4. Informez vos lecteurs que vous participez à une initiative de soutien à Garfieldd. (Infos et centralisation des initiatives sur http://www.soutenons-garfieldd.org)
  5. Envoyez-le en trackback sur le blog de Kozlika dans le billet pornographique du jour de votre publication et sur Soutenons Garfieldd[2] dans le billet consacré à cette chaîne. Si vous ne pouvez pas faire de trackback depuis votre plate-forme signalez votre parution dans les commentaires.

Bonus
pour réaliser un Google bombing positif, choisissez comme titre de votre billet d'associer plusieurs mots de la liste suivante :
Garfieldd - proviseur - révoqué - pornographique - blog - blogueur - Mende - Peytavin.